4 mars 2026 Quand le développement durable est remis en question, l’ingénierie ouvre la voie à la transition écologique L’ingénierie ouvre la voie à la transition écologique Penser le changement Ingénierie Fanny CORREIA En 2026, alors que la transition écologique est remise en question, l’ingénierie reste un levier décisif : objectiver, sécuriser et rendre l’action concrète, mesurable et duplicable. À l’occasion de la Journée de l’ingénierie pour le développement durable, Bastien THEAU, Directeur Ingénierie chez Inddigo, répond à nos questions et partage une conviction : l’ingénierie ouvre la voie, même quand le développement durable est contesté. Au sommaire : En 2026, comment perçois-tu la place de l’ingénierie ? En quoi l’ingénierie peut‑elle continuer d’accélérer la transition écologique ? Quelle est la vision d’Inddigo sur la manière de “faire de l’ingénierie” aujourd’hui ? Peux-tu partager une mission d’ingénierie récente qui a illustré notre capacité à « ouvrir la voie » à la transition écologique ? Quel cap donner à l’action ? En 2026, comment perçois-tu la place de l’ingénierie ? L’ingénierie se trouve au cœur d’un paradoxe : le besoin de transition écologique n’a jamais été aussi criant, alors même que son utilité est parfois questionnée ou ralentie par des arbitrages de court terme. Elle reste pourtant indispensable pour transformer des objectifs politiques ou sociétaux en solutions concrètes, mesurables et finançables. Chez Inddigo, nous portons la conviction qu’une ingénierie exigeante, indépendante et engagée est l’un des meilleurs remparts contre le greenwashing, car elle confronte les intentions aux ordres de grandeur, aux données et aux impacts réels. En quoi l’ingénierie peut‑elle continuer d’accélérer la transition écologique ? Même dans un contexte incertain, l’ingénierie permet d’objectiver les choix et de démontrer que des trajectoires de sobriété, de décarbonation et d’adaptation sont possibles, dès aujourd’hui, sur des projets très concrets. Elle met en chiffres les gains énergétiques, les réductions d’émissions, les bénéfices pour le vivant et le confort d’usage, ce qui facilite la décision et l’adhésion des parties prenantes. Ce qui accélère l’action, ce sont des démarches intégrées, associant très tôt maîtrise d’ouvrage, ingénierie et usagers. Ce qui la freine encore, ce sont les silos, les injonctions contradictoires et les contraintes économiques de court terme. Quelle est la vision d’Inddigo sur la manière de “faire de l’ingénierie” aujourd’hui ? Nous défendons une ingénierie de conviction, qui articule expertise technique pointue, innovation et accompagnement des territoires et organisations sur la durée. Nous ne nous contentons pas de “faire des études” : nous aidons à définir la stratégie, à concevoir les projets, à piloter leurs performances et à en tirer des retours d’expérience. Notre approche systémique, croisant énergies, bâtiment, mobilités, biodiversité, économie circulaire et santé environnementale, ouvre une voie ambitieuse : concevoir des solutions sobres, résilientes et désirables, au service du vivant et du bien‑être humain. Peux-tu partager une mission d’ingénierie récente qui a illustré notre capacité à « ouvrir la voie » à la transition écologique ? Une mission récente de réutilisation des eaux sur l’Agrocampus de Nîmes Rodilhan illustre particulièrement notre capacité : Transformer une contrainte hydrique en opportunité territoriale L’Agrocampus de Nîmes Rodilhan faisait face à un défi majeur : réduire son empreinte hydrique dans un contexte de raréfaction des ressources, sécuriser l’arrosage des espaces verts et le lancement d’une orangeraie face au changement climatique, tout en se positionnant comme vitrine pédagogique et régionale de la réutilisation des eaux (REUSE). Mobiliser l’ingénierie pour concevoir des solutions sobres et adaptées Nous avons orchestré une analyse prospective multi-scénarios (eaux de pluie, eaux usées, eaux vannes, eaux de process) pour concevoir deux chaînes de production d’eaux impropres à la consommation humaine, finement différenciées : l’une réinjecte les eaux usées de restauration dans les sanitaires et la laverie ; l’autre valorise les eaux vannes des internats pour l’arrosage des espaces verts et les usages agricoles. Cette ingénierie intègre strictement le décret 2024‑796 (exigence de qualité, séparation des réseaux, maîtrise des temps de stockage et de la chloration) et s’appuie sur des technologies compactes et sobres en maintenance, adaptées à un site éducatif. Accompagner l’innovation pour garantir sa faisabilité et son acceptabilité Pour amener ce résultat et lever les réticences liées à l’innovation, nous avons structuré une démarche très accompagnante : Organisation de visites de sites déjà équipés en REUSE, afin de montrer des installations opérationnelles, le retour d’expérience des exploitants et la robustesse des solutions retenues. Rencontres en amont et tout au long de l’étude avec les services de l’ARS, pour partager les scénarios, clarifier les exigences sanitaires et co‑construire un cadre de conformité sécurisant pour le maître d’ouvrage. Développement et utilisation d’outils d’analyse des risques (sanitaires, techniques, d’exploitation) permettant d’objectiver les choix de filières de traitement, les niveaux de qualité visés et les dispositifs de surveillance. Mise en place d’échanges réguliers, pour ajuster les scénarios, expliciter les arbitrages et s’assurer de l’appropriation progressive du projet par tous les acteurs. Un démonstrateur pilote au service des territoires Le projet génère une réduction significative des prélèvements d’eau potable et des rejets au réseau, érige le site en démonstrateur pilote instrumenté qui fera référence pour la REUSE dans les lycées, et déploie un outil pédagogique vivant pour les élèves (Travaux Pratiques de métrologie, analyses, gestion et maintenance des équipements), tout en fournissant à la Région des schémas de conception reproductibles pour de futurs projets. L’ingénierie comme rôle d’éclaireur au service de la transition Au‑delà de l’ingénierie, cette mission illustre une manière d’agir fondée sur le rôle d’éclaireur : transformer un besoin local en projet pionnier en combinant approche multi‑scénarios, travail approfondi sur les risques, dialogue régulier avec les autorités sanitaires et les partenaires, et pédagogie auprès du maître d’ouvrage pour aboutir à une solution innovante, maîtrisée et duplicable à l’échelle régionale. Quel cap donner à l’action ? La transition écologique s’impose désormais comme une condition de durabilité des projets, des territoires et des modèles économiques. Elle invite à redonner à l’ingénierie toute sa place, en lui permettant d’explorer des solutions ambitieuses, sobres et résilientes, au-delà de la seule optimisation des modèles existants. Elle suppose également de faire évoluer les cahiers des charges, d’intégrer plus tôt les enjeux énergie‑climat, biodiversité et santé, et de piloter les projets sur la base d’indicateurs de résultats, en complément de critères de coûts immédiats. La solution mobilisée Ingénierie Nos paroles d’experts Découvrez nos paroles d’experts 18 février 2026 Biodiversité & Milieux naturels Économie Circulaire & Déchets Plastic Vortex : un barrage au service du vivant ? 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