18 février 2026 Plastic Vortex : un barrage au service du vivant L’épopée Plastic Vortex, un barrage au service du vivant Biodiversité & Milieux naturels Économie Circulaire & Déchets Fanny CORREIA Sous le pont de Blagnac, Plastic Vortex déploie un barrage flottant inédit pour capter les déchets de la Garonne. Une aventure à laquelle nous participons en tant qu’actionnaire de l’entreprise et expert déchets et environnement. Plastic Vortex : une innovation contre la pollution plastique En décembre 2025, Plastic Vortex inaugurait son premier barrage flottant de captation des déchets plastiques sur la Garonne, sous le pont de Blagnac. Un projet inédit en France, soutenu dès l’origine par Toulouse Métropole et développé avec l’appui d’Inddigo. Ce dispositif marque une étape essentielle dans la lutte contre les déchets flottants, responsables de 80 % de la pollution plastique marine, transportée par les rivières et les fleuves. Découvrez les regards croisés d’acteurs clés de ce projet, qui mettent en lumière les dimensions technique, écologique, humaine et stratégique de cette installation. "Une aventure collective pour dépolluer la Garonne", témoignage de Patrick THAUNAY, Co‑fondateur de Plastic Vortex "Quand la conviction rencontre l’innovation", témoignage de Bruno LHOSTE, Président d’Inddigo "Agir en amont pour protéger mers et océans", témoignage d'Aude WITTEN, Directrice générale adjointe de l’Agence de l’eau Adour‑Garonne "Mesurer l’impact écologique et préserver le vivant", témoignage de Guillaume BOURGOIN, Consultant environnement chez Inddigo "Normes, sécurité, Natura 2000 : une intégration exigeante", témoignage d'Anthony COULON, Co‑fondateur de Plastic Vortex Une aventure collective pour dépolluer la Garonne Ce barrage est d’abord une aventure collective. Comment s’est organisée cette mobilisation d’acteurs ? Patrick THAUNAY, Co‑fondateur de Plastic Vortex : « Le projet Plastic Vortex, c’est une aventure humaine collective. Pour que ça puisse marcher, il faut rassembler un ensemble de prestataires et de partenaires. C’est là toute la complexité de ce projet. Nous avons dû aller chercher différents actionnaires, des personnes physiques, mais aussi un partenaire stratégique : Inddigo, actionnaire minoritaire de Plastic Vortex. Il a également fallu obtenir le soutien de Toulouse Métropole, qui nous accompagne depuis l’origine pour permettre l’installation du barrage sous le pont de Blagnac. Puis vient la recherche de financements. C’est une autre aventure : trouver des acteurs prêts à nous soutenir financièrement. L’Agence de l’eau Adour‑Garonne, la BPI, la Région Occitanie, Initiative Haute‑Garonne et Crealia sont à nos côtés. Deux banques engagées nous suivent depuis la création de la Société à mission, le 4 avril 2024 : le Crédit Coopératif et La Nef, qui ont accordé des prêts essentiels au bouclage du financement. Il faut également d’autres acteurs, notamment l’État, pour les autorisations administratives, la construction du barrage sur la berge et l’autorisation d’exploitation. Une fois cet ensemble de partenaires réuni, nous avons pu inaugurer le barrage. C’est un réel succès, un dispositif désormais en exploitation, grâce au soutien de toutes celles et ceux qui participent à cette aventure. » Quand la conviction rencontre l’innovation Qu’est‑ce qui, chez Inddigo, a fait résonner ce projet ? Bruno LHOSTE, Président d’Inddigo : « Quand Plastic Vortex est venu nous présenter son projet, il a tout de suite résonné dans deux dimensions : une dimension technique et une dimension liée à notre mission et à notre raison d’être. Sur le plan technique, la collecte et la valorisation des déchets font partie de l’ADN d’Inddigo : c’était même notre première activité il y a 40 ans. Nous continuons aujourd’hui à rechercher des solutions performantes en matière de collecte, de valorisation et de recyclage. Or, la question des déchets flottants sur les fleuves (un sujet dont personne ne s’était réellement occupé jusqu’ici) est désormais au cœur des enjeux, et Plastic Vortex apporte une solution très innovante. L’autre dimension où nous avons trouvé un alignement, c’est celle de la raison d’être. Plastic Vortex est une Société à mission, comme Inddigo, et nos deux missions résonnent entre elles. Elles nous donnent une direction commune pour travailler ensemble. » Agir en amont pour protéger mers et océans Pourquoi était‑il essentiel d’agir directement à la source, au niveau du fleuve ? Aude WITTEN, Directrice générale adjointe de l’Agence de l’eau Adour‑Garonne :« L’Agence de l’eau a pour mission de protéger les rivières, les lacs et les nappes d’eau souterraines. Or, nous faisons face aujourd’hui à un problème majeur : près de 80 % des déchets que l’on retrouve en mer proviennent de ces rivières et de ces fleuves, bien en amont. L’innovation proposée par Plastic Vortex vise précisément à capter ces déchets alors qu’ils sont encore dans la Garonne. C’est pour cette raison que l’Agence de l’eau a souhaité financer cette première phase du projet à hauteur de 180 000 €. Les premiers résultats sont encourageants et nous permettent, avec Toulouse Métropole, d’envisager une véritable collecte de données sur la captation des déchets en aval des grandes métropoles. » Mesurer l’impact écologique et préserver le vivant Comment évalue‑t‑on l’interaction du barrage avec l’écosystème ? Guillaume BOURGOIN, Consultant environnement chez Inddigo : « L’apport d’Inddigo a porté sur plusieurs segments, notamment le volet “déchets” et la caractérisation des déchets. De mon côté, je suis intervenu plus particulièrement sur le dossier écologique, qui permet d’évaluer le fonctionnement du barrage dans son environnement. Pour cela, j’ai réalisé des visites à plusieurs reprises tout au long de la mise en place du dispositif. Ma mission continue puisque l’objectif est de couvrir un cycle biologique complet d’environ un an à partir de la mise en service du barrage qui a été effectuée en septembre 2025. En 2026, je continuerai donc mes visites afin d’évaluer les interactions avec la faune et confirmer que le barrage est bien compatible avec son environnement et avec le vivant. » Normes, sécurité, Natura 2000 : une intégration exigeante Quelles contraintes techniques et réglementaires ont guidé la conception et l’installation ? Anthony COULON, Co‑fondateur de Plastic Vortex : « Pour comprendre les enjeux de l’installation d’un tel dispositif, il faut avant tout raisonner à une échelle en amont. Il s’agit de comprendre ce qu’est un cours d’eau, un fleuve, d’en connaître les caprices en cas de crue, ainsi que les typologies de déchets et leur comportement dans l’environnement. C’est vraiment une approche systémique et globale, à l’échelle de l’ensemble du projet, où il faut veiller à respecter les normes de sécurité et les normes environnementales, notamment celles liées à Natura 2000. Tout cela a bien sûr été réalisé dans les règles de l’art, afin de permettre à Plastic Vortex de comprendre le fonctionnement du cours d’eau, d’identifier le besoin, et surtout d’apporter une solution durable et pérenne pour répondre à la pollution anthropique de nos cours d’eau. » Un projet pilote devenu symbole Le barrage Plastic Vortex symbolise la rencontre entre innovation technologique, engagement territorial, expertise environnementale et coopération multi‑acteurs. Ce premier démonstrateur ouvre la voie à un déploiement à plus grande échelle, avec l’ambition de capter les déchets avant qu’ils n’atteignent l’océan. Il témoigne également d’une conviction partagée : c’est en unissant compétences, visions et volontés que l’on peut transformer durablement nos territoires. À découvrir également Biodiversité & Milieux naturels Économie Circulaire & Déchets Écosystème de la transition